Les secteurs du grand ça. 2006. Acrylique sur panneau. 75 x 60 cm.

Femmes à l'oeuvre

www.femmesaloeuvre.
qc.ca, Galerie d'art du Parc, 2007.

Chacune des artistes présente une oeuvre ou un corpus d'oeuvres dans l'une des salles du Manoir de Tonnancour. Les visiteurs déambulent et traversent les pièces comme autant d'histoires, d'univers et d'ambiances à explorer. Lorsqu'ils arrivent dans la pièce qu'occupent mes oeuvres, ils découvrent un univers de jeune fille. Plongés dans leur propre souvenirs, peut-être, ils se racontent leur histoire...



« Qu’ai-je en commun, par le fait même d’être encore, avec ce qui n’est plus? Ce que le je d’aujourd’hui, sur le bord des lèvres, a de commun avec le je d’hier, c’est d’être encore. […] Le passé ne s’efface pas, il devient transparent. En tout lieu je reviens et me superpose à moi-même. […] Nous sommes encore, à notre insu, ce que nous avons été. Et aussi, à notre insu, nous sommes déjà ce que nous serons. Nos âges cohabitent, mais un empressement fiévreux nos fait étirer la vie comme ficelle, les brins cassés, effilochés, pour que nous ne ressemblions jamais à nous-mêmes sinon dans le resserrement factice de l’instant. »
Michaël La Chance, 2007, L’Inquisitoriale, fugue solaire dans les îles et plateaux du langage, Montréal : Triptyque, p.13.
(Quelques extraits étaien
t écrits à la main sur les murs de la galerie...)
Mes lieux à être (détail). 2007, Diptyque. Acrylique sur toile. 91 x 152 cm



construire la légèreté

L’espace. La couleur s’organise en plusieurs plans, en plusieurs couches. Une «large nappe de calme »1 est créée. Je me tiens à la surface de cette peau. Pudeur des profondeurs. Tension. Étrange beauté. Ce beau qui « permet le détour de l’attention » pour que s’opère « l’allégement recherché »2. Puis, apparaissent des figures. Cette fois, moi enfant. Revivre ce qui fut. C’est alors que je « compte ce qu’il [me] reste d’air et d’eau »3, et je recommence. Je répète et peins encore, pour qu’advienne la légèreté.

1. Henri Michaux, "Les mains coupées", La vie dans les plis, Paris, Gallimard, 1972, p.82

2. Sarah Kofman, L'enfance de l'art, Paris, Petite bibliothèque Payot, p.153.

3. Monique Juteau, www.femmesaloeuvre.qc.ca

(présentation de ma démarche, dans cette exposition)




Mes lieux à être. 2007. Diptyque. Acrylique sur toile. 91 x 152 cm.


Sans moi. 2007. Eau-forte et aquatinte. 55 x 74 cm.



J'irai au bois. 2006-2007. Acrylique sur toile cousue. 126 x 86 cm.


Cela ne s'efface pas. 2007. Acrylique sur panneau. 40,5 x 30 cm.
Je veux encore. 2007. Acrylique sur toile. 40,5 x 30 cm.


Ça est (détail). 2007. Acrylique sur panneau. 40,5 x 30 cm.



"Dans le cadre de son 35e anniversaire, la Galerie d'art du Parc désire souligner l'apport important des femmes dans la production et la diffusion des arts visuels. L'exposition rassemble, autour du texte poétique créé par Monique Juteau, les oeuvres de 11 femmes exceptionnelles, qui ont joué et jouent un rôle remarqué et signifiant dans le développement et le rayonnement des arts visuels autant ici qu'ailleurs. Elles ont de 5 à 40 ans d'expérience, elles ont des parcours différents, elles ont en commun la pulsion de créer et la volonté d'exprimer leurs perceptions et leurs visions avec les passions qui les animent. La présentation témoigne de ces actions, de ces défis au quotidien, de ces choix en tant que femme pour la construction du Québec d'aujourd'hui."
Christiane Simoneau, Directrice, commissaire de l'exposition